Aider les aidants
La CFDT-Retraités de la métropole lilloise est en pointe sur la
question des aidants familiaux, ces proches chargés de prendre soin
d’une personne, handicapée et/ou âgée, dépendante. Elle milite pour la
mise en place de structures et de droits collectifs adaptés à des
situations personnelles souvent très difficiles.

Aujourd’hui,
André ne la reconnaît plus. Il se dit célibataire et sans enfant, alors
qu’avec son épouse ils s’apprêtent à fêter leurs noces d’or et sont
parents de quatre enfants. Pour autant, on sent encore chez Anne-Marie
une grande tendresse, voire de l’admiration, pour celui avec qui elle
vit depuis près de cinquante ans dans un petit village, près de Lille. « Toute sa vie, il a conduit sa ferme de façon exemplaire »,
affirme cette agricultrice, une lueur de fierté dans le regard. Ce
mardi d’octobre, le couple a fait le déplacement à Lille pour bénéficier
des services de la Maison des aidants*.
Anne-Marie participe à l’atelier qi gong (gymnastique traditionnelle
chinoise) tandis qu’André est pris en charge par une assistante en
gérontologie. « Ici, c’est merveilleux, sourit-elle. On peut parler
facilement, se plaindre et être écoutée. Cette année, nous avons aussi
profité des vacances proposées par la Maison des aidants, cinq jours
dans la baie de Somme. » Anne-Marie s’y est aussi fait de nouveaux
amis. Créé en 2012, ce lieu accueille plus de 400 aidants sur l’année.
Animée par huit personnes (directrice, psychologues, assistantes en
soins de gérontologie), la Maison propose des activités destinées aux
aidants mais aussi des temps de répit. « L’aidant peut s’absenter de
quatre à dix heures pour 4 euros l’heure en journée et en semaine ou
6 euros l’heure la nuit ou le week-end », explique Léa Forster, l’une des deux psychologues.

Depuis, Jacques a adhéré à la Maison des aidants. Il y trouve du réconfort et participe activement à certaines activités. Jacques est aussi un militant CFDT de l’Union territoriale des retraités (UTR) de Lille Métropole et, à ce titre, engagé dans le combat pour la reconnaissance des droits des aidants. Avec Christian Barazutti, militant retraité, et Michèle Ganne, la secrétaire générale de l’UTR, ils sont le fer de lance cédétiste de cette question sur le territoire de la métropole lilloise. « Nous intervenons à plusieurs niveaux, explique Michèle Ganne. Auprès de nos adhérents d’abord. C’est souvent une démarche difficile de se reconnaître aidant. Ils nous disent parfois : “Mais moi, je suis le mari [ou la fille], c’est normal que j’aide.” On les informe de leurs droits et notamment du droit au répit. À ce jour, la CFDT est la seule organisation syndicale à s’intéresser aux droits des usagers des services à domicile ou en Ehpad. »
Former les élus, passer à la vitesse supérieure

* Il existe près de 150 plateformes d’accompagnement et de répit pour les aidants en France. Plus d'info annuaire.agevillage.com
© Photos Damien Rigondeaud
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